Qu'est-ce qui nous pousse à vivre ?
En tant qu'animaux sociaux cloîtrés dans une société hostile où nul n'est totalement digne de confiance ; confrontés à tous nos doutes et toutes nos peurs, nous transmettons sans arrêt un peu de notre animosité à nos fréquentations, même si nous essayons tant bien que mal de la masquer. Combien de fois, pensant partager une intimité totale avec un ou une "amie", avons-nous ressenti cette poussée d'agressivité envers l'autre quand ses vues ne rejoignaient pas les nôtres ? Pourquoi en serait-il différemment pour nos semblables ?
Dans cette atmosphère paranoïaque que nous créons tout autour de nous, nous embarquons le monde dans une spirale destructrice issue de nos esprits malades. Pour ne pas sombrer dans la violence qui couve en nous, nous cherchons à tromper notre ennui, que ce soit par le travail, l'art, la réflexion, le sport, le jeu... Pour toujours balancer entre ces pulsions de vie et de mort.

Paradoxalement, le premier moteur de notre volonté de vivre, c'est cette pression sociale qui nous pousse également dans les bras d'Hadès ; nous voulons vivre pour laisser une marque positive de notre passage en ce monde, nous voulons vivre par vengeance envers tous ceux qui nous ont fait du tort, nous voulons vivre enfin par défi, par fierté, pour pouvoir dire "J'existe".
Je m'appelle Paul, j'ai 34 ans, et depuis 15 ans je fume, pour supporter le poids de ma conscience, parce que je sais que fumer m'offre une porte de sortie à cet univers désagréable alors que j'ai toujours cru que je vivrais éternellement. Mais les choses ont changé, et aujourd'hui j'ai décidé d'arrêter de fumer.