ici à Lyon, le temps semble un peu perdre de son emprise. Il fait beau pour autant que je sache, mais si je n'ouvre guère les volets, je ne saurais ignorer le bruit de la pluie qui tombe de temps en temps dans une moiteur assez étouffante.
Comme je t'écris, j'entends les va-et-vient du tramway au dehors, ponctuant le brouhaha des voitures et de quelque discussion se tenant à côté de chez moi. Un jappement de chien ou un klaxon viennent parfois troubler le calme qui règne dans la rue.

Au fur et à mesure que les jours s'égrènent mon sommeil se fait de plus en plus erratique, mais on peut dire que je me porte bien. La régularité n'a jamais été mon fort de toute façon, j'imagine que tu le sais aussi bien que moi. Je passe mes journées à écouter de la musique et à divaguer sur le net, regrettant par moments de n'avoir pas plus de persévérance pour trouver une activité pécuniairement rémunératrice. Au cours des sorties qu'il m'arrive encore de faire, je me sens sombrer de plus en plus profondément dans un parasitisme qui me dégoûte, en même temps que ma dépendance vis-à-vis de mes relations grandit.
Tant de faiblesses, et si peu de force.

Dans un registre plus positif, je découvre avec soulagement que la résignation laisse place en moi à l'indifférence. Peut-être celle-ci finira-t-elle par s'effacer également au profit de sentiments plus nobles quant à l'humanité ?
Tu fais partie de ceux qui me donnent espoir, et je me réjouis de te lire à chaque fois que l'opportunité se présente. Je me réjouis de connaître des êtres à l'esprit aiguisé, parce que je me réjouis d'avoir toujours plus de monde avec qui échanger des propos, dérisoires ou primordiaux mais qui continuellement me renforcent dans mon humanité. J'attends d'ailleurs impatiemment de pouvoir profiter encore de ta prose, mais peut-être Paname t'ôte-t-elle un peu de ta prolixité ? J'espère que ce n'est pas le cas et que tu passes d'agréables moments. Vivement ton retour en tout cas.

Bien à toi,
J.